A&B Import Export – Département A&B International Consulting
Les agences de crédit export (ECA) constituent l’un des piliers les plus discrets mais les plus essentiels du commerce international. En garantissant les risques politiques et commerciaux que le secteur privé n’assume pas, elles permettent à des projets d’infrastructure, de transition énergétique ou de défense de voir le jour dans des marchés où les banques commerciales hésitent à s’engager. En 2025, les membres de l’Union de Berne ont soutenu un niveau record de 3 700 milliards de dollars d’échanges internationaux, soit environ 13 % du commerce mondial.
Des chiffres qui témoignent d’une activité en pleine transformation
L’année 2025 a marqué un tournant. Les nouveaux engagements à moyen et long terme (MLT) ont atteint 231 milliards de dollars, enregistrant une troisième année consécutive de croissance. Rien qu’au premier semestre 2025, ce segment a bondi de 11,4 % pour atteindre 77,5 milliards de dollars, porté par le secteur des transports (navires de grande capacité, infrastructures ferroviaires) et par l’essor des énergies renouvelables.
Les énergies renouvelables sont devenues le deuxième secteur d’activité des ECA en 2025, dépassant la fabrication, avec plus de 10 milliards de dollars de nouveaux engagements au premier semestre, principalement pour des parcs éoliens offshore. L’exposition du secteur au renouvelable a doublé depuis 2020, signe d’une transformation structurelle du métier.
Les produits de crédit non liés (untied), qui ne conditionnent pas le financement à l’achat de biens nationaux, ont également connu une progression spectaculaire : 18,6 milliards de dollars de nouveaux engagements au premier semestre 2025, et une exposition totale qui a doublé depuis 2019 pour atteindre 139 milliards de dollars. Ce type de financement est particulièrement utilisé pour sécuriser l’accès aux minéraux critiques et aux ressources énergétiques.
Des missions qui évoluent sous la pression géopolitique
Les ECA ne sont plus de simples assureurs-crédit. Elles sont devenues des instruments actifs de la politique économique des États. La demande est désormais portée par des priorités stratégiques : défense, sécurité énergétique et projets liés à la transition.
Les tensions géopolitiques ont également modifié la carte des risques. En 2025, les sinistres à moyen et long terme ont atteint 5,4 milliards de dollars, en baisse de 8,4 % par rapport à 2024, mais toujours marqués par des pertes héritées des défauts souverains de 2020-2023 (Zambie, Ghana, Éthiopie, Sri Lanka représentant à eux seuls 2,9 milliards de dollars de sinistres).
À court terme, le ratio de sinistres a atteint son niveau le plus élevé depuis 2020, sous l’effet conjugué de l’augmentation des faillites d’entreprises et de la stagnation des limites de crédit, qui ne progressent plus que de 0,2 % alors que les sinistres augmentent de 17 %.
Un cadre en mutation : le défi de la modernisation
L’OCDE a ouvert en juin 2026 une consultation sur la deuxième phase de modernisation de l’Arrangement sur les crédits export. Les enjeux sont majeurs :
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Relever le taux de couverture maximal à 95 % du contenu exporté et étendre la couverture des coûts locaux jusqu’à 100 % dans les marchés à haut risque.
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Élargir le champ aux modèles économiques numériques (logiciels, services, données), qui représentent une part croissante de la valeur ajoutée mais restent difficiles à financer dans le cadre actuel.
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Renforcer les procédures de diligence environnementale et sociale, tout en garantissant des processus prévisibles et proportionnés pour les exportateurs.
Parallèlement, les pays émergents renforcent leur présence. La Chine est devenue l’acteur dominant, sans être liée par les règles de l’OCDE. Cette asymétrie crée des distorsions de concurrence que l’Europe cherche à corriger en élaborant une stratégie commune de financement public à l’export.
Prévisions : vers une recomposition des rôles
À horizon 2027, plusieurs tendances se dessinent :
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Poursuite de la croissance du MLT, portée par les infrastructures et la transition énergétique, notamment dans les pays émergents où les besoins restent immenses.
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Montée en puissance des crédits non liés et domestiques, qui représentent une part croissante des capacités des ECA – le crédit domestique a d’ailleurs bondi de 24 % en 2025.
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Renforcement des coopérations entre ECA, comme l’illustre le projet Lionheart en Allemagne, qui a réuni 1,4 milliard de dollars de financement de plusieurs agences (EDC, Export Finance Australia, EIFO).
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Pression accrue sur les ratios de sinistres, avec une augmentation attendue des faillites et des risques liés aux sanctions et aux tensions tarifaires.
Notre scénario central : les ECA continueront de gagner en importance comme stabilisateurs du commerce mondial, mais devront arbitrer entre soutien aux secteurs stratégiques (défense, énergie) et accompagnement des pays en développement, aujourd’hui en recul (la part des financements ECA allant aux pays à faible revenu a chuté de 47 % à moins de 30 % entre 2013 et 2023). Le défi sera de concilier compétitivité et justice climatique.
3 leviers pour les entreprises
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Intégrer le financement ECA dans votre stratégie export : ces instruments vous ouvrent des marchés que les banques commerciales jugent trop risqués.
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Anticiper les évolutions réglementaires : la modernisation de l’Arrangement OCDE modifie les conditions de couverture et les délais (jusqu’à 22 ans dans les renouvelables).
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Diversifier vos sources de financement : les crédits non liés et les consortiums d’ECA offrent des solutions flexibles pour les projets complexes.
Le rôle d'A&B International Consulting
A&B International Consulting est le département conseil et stratégie d'A&B Import Export. Notre expertise en intelligence économique et en analyse des risques nous permet d’accompagner les entreprises dans l’identification des opportunités de financement ECA, l’évaluation des garanties disponibles par marché et l’optimisation des montages financiers pour leurs projets internationaux.
En résumé
Les agences de crédit export sont aujourd’hui au cœur de la recomposition du commerce mondial. Leur rôle ne cesse de s’étendre, porté par des enjeux stratégiques (énergie, défense, minéraux critiques) et des volumes record. Les entreprises qui sauront comprendre et utiliser ces instruments gagneront un avantage compétitif décisif dans les marchés émergents et les secteurs d’avenir.
A&B Import Export – A&B International Consulting
Comprendre les marchés, sécuriser les projets.
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